Le parfait petit manuel de l’émeutier / How to Protest Intelligently


Egypte : How to Protest Intelligently 
ou le parfait petit manuel de l'émeutier.


Après notre précédent article sur la paranoïa sécuritaire [Domus Paranoïa], nous présentons cette brochure qui a été distribuée en février 2011 lors de l'insurrection en Egypte. Un parfait petit manuel de l’émeutier, à la fois en langue arabe et en langue anglaise, intitulé How to Protest Intelligently, que les auteurs conseillaient de diffuser par courriel ou photocopies, afin d’« éviter qu’il tombe entre les mains de la police ou de la sécurité d’État ». 

Médias Architecture : ne PAS avaler


Revue URBANISME 


L"architecte Rem Koolhaas,  à une question d'un journaliste et grand critique français de l'architecture, eut cette réponse d'une importance capitale et peu commentée en France :

Il est essentiel que les architectes réinvestissent le champ de la théorie. Et plus encore la critique, qui s'en est tenue à suivre et accompagner la production architecturale et ses stars, au lieu d'intervenir. L'ambiguïté que vous évoquez, ce n'est pas seulement le monde des architectes qui l'a entretenue, c'est aussi la critique. A elle de réparer et d'aller de l'avant. De ma part, il ne s'agit pas de cynisme, même si cela entre dans mes façons de m'exprimer.



Front des Artistes Plasticiens

FAP, Non aux licenciements, 1975

Le 13 mai 1968 s’ouvre dans l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, occupée et bouillonnante, l’Atelier populaire où une nouvelle génération d’artistes réalise des affiches sérigraphiées qui seront placardées dans les rues de la capitale, proposant une nouvelle figuration accompagnant les slogans contestataires, libertaires, poétiques et révolutionnaires. La première affiche de l’atelier populaire des Beaux-Arts au service du mouvement de Mai 68, imprimée à 30 exemplaires est: U-sines, U-niversités, U-nion. Le début des années 70 voit le « retour à l’ordre », mais certains artistes, pour la plupart issus des Beaux-arts décident de poursuivre la lutte, forment des ateliers populaires. Ils seront pléthores dans toute la France qui voit le développement de l'engagement d'artistes dans les luttes politiques (contre la guerre du Vietnam notamment) et le maintien d'un état d'esprit d'extrême gauche né en mai 68. La Coopérative des Malassis, qui crée des oeuvres collectives et engagées, en est un exemple ; le Groupe Support/Surface affiche des positions maoïstes, leur revue Peinture - cahiers théoriques se partage entre l'analyse marxiste et psychanalytique de l'histoire de l'art et l'expression de luttes plus circonstancielles. Le FAP, le Front des Artistes Plasticiens est formé qui proteste également contre un art officiel qui serait sous tutelle. 


Guerres Révolutionnaires Rouges / 2011



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EDITION du 2 septembre 2011



Répertoire des guerres révolutionnaires communistes en 2011, sous réserves d'erreurs et d'omissions. Six guerres révolutionnaires se déroulent actuellement en :

  • Inde
  • Philippines
  • Pérou
  • Colombie
  • Kurdistan 
  • Paraguay 

Les groupes révolutionnaires armés [ plusieurs factions possible par pays] se sont tous développés à partir des années 1960 ou sont issus de regroupements de factions opérant à cette période. Exception faite du PKK Kurde, les groupes ont adoptés la stratégie de la guerre populaire prolongée et la tactique de la guérilla rurale avec, pour certains, une implantation et des actions dans les grandes villes. Les groupes armés se sont implantés, mis à part le PKK, dans des régions rurales pauvres et isolées du pays et ils bénéficient du soutien de leur population malgré leur lassitude en Colombie et au Pérou, au contraire des groupes armés de l'Inde qui semblent se développer du fait des conséquences de l'industrialisation et de l'urbanisation du pays. A l'instar de l'EZLN au Chiapas [organisation politico-militaire marxiste à l'origine] et des Chemises rouges [ mouvement socialiste réformateur] en Thaïlande.

Arundhati Roy : Je n’aime pas Slumdog millionnaire

Protestation contre le film Slumdog


Ce n'est certes pas la dernière actualité mais  un bel article de A. Roy à propos du film à succès Slumdog dont l'action se passe dans un bidonville et qui fut très critiqué par les habitants. Ne serait-ce que pour le titre insultant Slumdog : Chien des bidonvilles, peu apprécié.  Arundhati Roy, architecte de formation [!], est écrivaine, militante et a écrit un reportage sur les guérilleros naxalites que nous avons publié ici.


Arundhati Roy


Je n’aime pas Slumdog

2009



Depuis que Slumdog Millionaire a été récompensé par plusieurs oscars, tout le monde revendique une participation à ce triomphe, même le Parti du Congrès. La formation politique se targue d’avoir présidé à l’émergence de “l’Inde qui réussit”. Mais l’Inde qui réussit quoi ? Dans le cas de Slumdog Millionaire, la principale contribution de notre pays et de nos partis politiques est d’avoir fourni un environnement authentique et dramatique de pauvreté et de violence en toile de fond du film. Vous appelez ça une réussite ? Et faut-il s’en féliciter ? Avons-nous de quoi être fiers ? Franchement, c’est au-delà du ridicule. Le film n’accuse personne, ne demande de comptes à personne. C’est pour cela que tout le monde est content. Et c’est bien ce qui me dérange. Slumdog Millionaire ne contredit pas le mythe de “l’Inde qui brille” [slogan électoral du BJP, le parti nationaliste hindou, en 2004], bien au contraire. Il se contente de “glamouriser” l’Inde qui ne brille pas. 

Le Bonheur National Brut ?

Bansky


L’ONU appelle à introduire le bonheur 
comme indicateur économique
Source : ONU-Bruxelles
19 juillet 2011
  
L'Assemblée générale de l'ONU a adopté, sans vote, une résolution sur le bonheur comme une approche globale du développement afin de saluer le Bhoutan, ardent défenseur du  Bonheur national brut (BNB), et l'organisation, à sa prochaine session, d'une table ronde sur le sujet. L'Assemblée invite les États Membres « à élaborer de nouvelles mesures qui tiennent mieux compte de l'importance de la recherche du bonheur et du bien-être afin d'orienter leurs politiques de développement ».

Villes et Révolutions rouges [ Partie 1 ]







Nous partons d’un point d’extrême isolement, d’extrême impuissance. Tout est à bâtir d’un processus insurrectionnel. Rien ne paraît moins probable qu’une insurrection, mais rien n’est plus nécessaire.

Comité invisible
L’insurrection qui vient. (219/391)

Chapitre 1 : Les principales stratégies révolutionnaires Rouges

L’aboutissement de toute insurrection se situe forcément là où se tient et s’exerce le pouvoir, c’est à dire dans les grandes cités et capitales. Mais pour parvenir à cet objectif, de multiples stratégies sont possibles : certains stratèges prônent au contraire la prise des campagnes avant celle des villes ; d'autres tentent de mener deux fronts parallèles en assignant à l'une et l'autre des tâches bien précises, d'autres s'installent uniquement dans les grandes villes, d'autres les évacuent complètement, d'autres encore, face à la difficulté, se contentent de territoire libéré, éloigné de la capitale.



Feliz cumpleaños Fidel !


Né le 13 août 1926, Fidel Castro célèbre ses 85 ans : Feliz cumpleaños !

Pour fêter cela, l'unique vidéo [à notre connaissance] de Che Guevara répondant en français, à l'interview de jean Dumur, d'avril 1964, pour l'émission Point. Rencontre se déroulant à l'Hôtel Intercontinental, à Genève. Che Guevara occupe alors le poste de ministre de l'industrie et se trouve à Genève pour une conférence internationale.  On peut apprécier la petite "erreur" finale et son grand sourire, à propos de l'aide cubaine apportée aux guérilleros sud-américains.  



L'embourgeoisement de Bruxelles




Bruxelles en mouvements

n°246,  mars 2011


La « mixité » est une vertu cardinale à Bruxelles, servant de leitmotiv politique, d’outil de séduction par les promoteurs, d’argument tout prêt pour les journalistes. L’actuel PRD (plan régional de développement) est sans ambiguïté à cet égard : « Contrairement à la ville américaine, l’idéal de ville européen se fonde sur une mixité des fonctions et des populations. Cet idéal doit être cherché dans une ville capable de se renouveler et de créer une plus-value par rapport à l’attractivité de la périphérie ». Cette valeur est tellement cardinale que proposer de la discuter vous vaut ipso facto de subir la suspicion de n’être qu’un partisan du repli sur soi, de l’enfermement, du ghetto. Et le « débat » de s’arrêter là, avant même qu’il n’ait pu s’enclencher.

Bruxelles en Mouvements


Nous vous recommandons particulièrement la revue Bruxelles en Mouvements consacrée à l'urbanisme pour la qualité des articles et l'attitude critique des auteurs contre le politique mais aussi -chose rare- contre les architectes de réputation internationale. Le principal intérêt de cette revue est qu'elle est éditée par l'association indépendante Inter-Environnement Bruxelles, qui fédère 80 comités de quartier et groupes d’habitants qui agissent pour améliorer la qualité de la vie à Bruxelles. Son Conseil d’administration est composé de représentants pluralistes des comités de quartier et associations membres. Le président est Gwenaël BREËS, l'auteur du livre reportage Bruxelles, l'urbanisme du sacrifice, que nous avons présenté ici. Enfin, ce périodique est téléchargeable gratuitement au format pdf [sauf le dernier]. Une excellente initiative pour une véritable mine de contre-informations concernant notre Capitale européenne. Bravo !

Les comptes fantastiques du Grand Paris



Frédéric Leonhardt
Mai 2011

Après quatre ans de débats, le projet Grand Paris débouche sur un projet de transport, le Grand Paris Express. Frédéric Leonhardt alerte sur l’équilibre financier de ce projet. Selon lui, tous les ingrédients d’un crash industriel public sont réunis.
Quatre ans après son lancement en grande pompe, le « grand Paris » reste un effet d’annonce, une idée pour faire rêver : au quotidien, les problèmes n’ont fait que s’approfondir ces dernières années. C’est particulièrement le cas de la crise du logement et des conditions de transports, les deux questions majeures auxquelles l’agglomération parisienne est confrontée avec la crise sociale des quartiers déshérités.



Paris et son mur périphérique

Paris capitale de la France,  en fait


L'étrangeté urbaine du périphérique parisien est le seul cas au monde d'urbanisme à ce point ségrégatif entre une capitale et son pays, entre une ville et sa périphérie. A l'étranger, et notamment auprès des urbanistes réputés de Gauche, il fait encore aujourd'hui figure de symbole négatif. Jugement que l'on peut retrouver également dans une moindre mesure dans les guides touristiques destinés au grand public [Lonely Planet, etc.]. En France, la position sur la question du devenir de ce mur infranchissable des [st]architectes réputés,  concorde parfaitement avec celle des politiques : il s'agit de le préserver en aménageant des «passerelles » ponctuelles susceptibles de re-lier la capitale à certaines zones des communes périphériques et en atténuant, autant que possible, les nuisances sonore et visuelle. Aucune voix n'exige la démolition pure et simple des 35 kilomètres de ce monstre de béton instituant une frontière quasi étanche entre la ville riche et l'agglomération pauvre. Ce qui paraît être l'unique solution, certes radicale, pour ouvrir Paris à sa périphérie, largement, généreusement et au-delà, symboliquement.

Photo : François Lacour

Le Corbusier à Paris, Pourquoi pas ? Illustré par A. Bublex



Alain Bublex, une interprétation du Plan Voisin à Paris, de Le Corbusier



Le plan Voisin pour Paris de l'architecte Le Corbusier, imaginé en 1925 : ce à quoi les parisiens ont échappé, une horreur, une hérésie détruisant l'inestimable patrimoine historique urbano-architectural de la plus belle ville du monde !  
En effet, mais, si le patrimoine immobilier des vieux quartiers centraux a résisté à l'urbanisme prédateur de Le Corbusier, puis aux bulldozers des spéculateurs, il n'en est pas de même pour le patrimoine "mobile" : les classes populaires. En 1925, ses quartiers étaient habités majoritairement par les classes ouvrière et moyenne, ce qui n'est absolument plus le cas aujourd'hui.


La grande bourgeoisie, une classe mobilisée sur tous les fronts

Villa Montmorency, Paris

Après avoir étudié pendant vingt-cinq ans la grande bourgeoisie française, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot décryptent, dans Le président des riches,  les mutations récentes survenues au sommet de la société. Nous publions ici leur interview accordée à la revue Métropolitiques [avril 2011], où ils reviennent sur la manière dont s’entremêlent sous l’ère Sarkozy grandes fortunes, monde de la finance, pouvoir politique et emprises sur un territoire.

GRAND PARI$ : Grand Jeu de l'été !

Argenteuil, habité


Qui Suis-Je  ? :


Je pense qu'un jour, on ne parlera plus de Grand Paris. On parlera de Paris [...].


Il faut prendre aujourd'hui la question des banlieues à bras-le-corps.


Il faut les intégrer comme jadis Paris a intégré les faubourgs,


il faut redistribuer les richesses.




Martine Aubry, socialiste

Marine Le Pen, front nationaliste

Pierre Mansat, communiste [?]

Nicolas Sarkosy, Umpiste

John Travolta



Lorsque l'on m'a posé cette devinette, j'avoue avoir répondu Martine Aubry ; et bien non, ce n'est pas elle, la réponse est  ICI.
Un grand Merci à ceux qui ont participé et nos félicitations pour le seul anonyme qui a été perspicace. 


Comité Invisible : L’environnement est un défi industriel



 Comité Invisible
Extrait de L'insurrection qui vient
Sixième cercle
L’environnement est un défi industriel
2007

L’écologie, c’est la découverte de l’année. Depuis trente ans, 
qu’on laissait ça aux Verts, qu’on en riait grassement le dimanche, 
pour prendre l’air concerné le lundi. 
Et voilà qu’elle nous rattrape. Qu’elle envahit les ondes comme un tube en été, parce qu’il fait vingt degrés en décembre.

UTOPISME ou RÉALISME ?




CONSTANT, New Babylon, 1957 - 1974


Ironie de l'histoire de l'architecture urbaine, ce sera un artiste néerlandais, Constant Nieuwenhuys, et non un architecte ou un urbaniste, qui proposera ce qui est encore aujourd'hui, une des plus admirables théories/propositions pour le développement urbain des villes : New Babylon. Entre 1957 et 1974, Constant travaillera sur le projet New Babylon qui influencera directement toute une génération de jeunes architectes des années 1968, dont notamment Archigram, Superstudio, Archizoom. Puis, la fin du règne des utopies, des grands discours impliquant le changement des modes de vie et de ville, annonçant une société libérée, marque dans les premières années de 1970, le progressif mais inexorable désintérêt pour l'architecture utopique radicale ; Constant abandonnera l'urbanisme pour retourner vers la peinture. De même, pour les jeunes architectes utopistes et ludiques qui brillèrent quelques années avant de tomber brutalement dans l'oubli entre 1972 et 1973. De même également pour l'architecte visionnaire Yona Friedman et sa ville spatiale. L'heure de la contestation n'était plus à l'imagination d'une société nouvelle mais au réalisme et à la lutte frontale contre l'état capitaliste. 


STARchitecture et Ville Nouvelle


BIG : RED STAR HARBOUR, Chine : Nouvelle ville/port marchandise


C’est le principe du fétichisme de la marchandise, la
domination de la société par « des choses suprasensibles bien
que sensibles », qui s’accomplit absolument dans le spectacle,
où le monde sensible se trouve remplacé par une sélection
d’images qui existe au-dessus de lui, et qui en même temps
s’est fait reconnaître comme le sensible par excellence. 

Guy Debord,
La société du spectacle. 
1967

Masdar, utopie sécurisée et ghetto écologique


Masdar, utopie sécurisée et ghetto écologique 

Oasis urbaine futuriste surgie du désert, Masdar City se veut une ville écologique modèle, sans émissions de carbone, ni déchets. En chantier à Abu Dhabi depuis 2008, le projet estimé à 22 milliards de dollars, devrait s’achever vers 2020 pour accueillir quelque 50.000 habitants. Nous publions ici un article de Akram Belkaïd, paru dans le Monde Diplomatique, présentant les critiques et les réserves de certains observateurs faisant un triste écho au concert de louanges exprimé par les médias et les écologistes.