Mais
pour des sujets qui ne souffraient pas l’approximation, leurs
réponses sont travaillées, documentées, en particulier pour les
deux candidats en position favorable dans les sondages. Au final,
François Hollande, Nicolas Sarkozy rendent une copie impeccable même
si elle est sans grande saveur.
Revue
l’Architecture d’Aujourd’hui
N°388
| Mars 2012
Nous publions ici un extrait d'un article de la revue AA, présentant les interviews de François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou, [et Mélenchon ?] à propos d'aménagement du territoire, d'urbanisme et d'architecture : éloquent !
[NOTA BENE : les illustrations ont été ajoutées par nos soins]
AA. Face à l’expansion des
zones urbaines, qui repousse les habitants/travailleurs vers les
périphéries, aggrave les problèmes de transport, détruit les
terres agricoles ou naturelles, quelles sont vos trois priorités ?
Et pourquoi pensez-vous qu’elles vont être de nature à résoudre
le problème ?
François
Bayrou
En
termes d’étalement urbain, les chiffres sont en effet
inquiétants. On estime que c’est l’équivalent d’un
département français tous les sept ans qui est pris sur les
espaces naturels ou des terres agricoles. Ce rythme n’est
évidemment pas tenable, et j’ai pris l’engagement de mener une
politique de maîtrise de ce grignotage de sorte que
l’imperméabilisation des sols soit contenue à terme à 10 % du
territoire. Les outils d’aménagement du territoire et la
fiscalité foncière doivent être plus volontaires pour favoriser
la densification urbaine au détriment de l’étalement. Nombre de
friches ou de bâtis existants devraient être privilégiés dans
les nouveaux projets. L’avenir de notre tissu urbain repose
évidemment sur le rapprochement entre le domicile, le lieu de
travail et le lieu de commerce. Le zonage, qui a été la règle
dans notre urbanisme, doit cesser. Cette idée d’optimisation des
zones déjà urbanisées facilitera toutes les logiques de
développement des mobilités douces et collectives, et donc la
décongestion des circulations routières des plus grandes
agglomérations. Je souhaite également favoriser tous les avantages
que nous aurions à tirer des nouvelles technologies de
communication pour réduire les besoins de déplacements.
François
Hollande
Ma
première priorité ira à la lutte contre la cause de l’étalement
urbain. C’est à elle qu’il faut s’attaquer avec l’objectif
que le renouvellement de la ville sur elle-même réponde aux
besoins de tous nos concitoyens, sans en exclure aucun. Nombre de
ceux qui résident en grande périphérie ne le font pas par choix,
mais parce que la ville dense ne leur offre pas de réponse, ni
locative, ni en accession à la propriété, adaptée à leurs
besoins et à leur budget. C’est pour cela que je veux libérer le
foncier urbain, à commencer par les terrains publics d ’État
que je mettrai à disposition des collectivités. C’est pour cela
aussi que je veux relancer une vraie politique de la ville et des
territoires délaissés, équilibrée et solidaire : avec une loi
SRU renforcée dans ses exigences et dans ses sanctions, afin de
trouver partout 25% de logements locatifs sociaux ; avec une action
sur les grands ensembles HLM et sur leur tissu social et humain,
afin de les rendre à nouveau attractifs et d’y améliorer les
conditions de vie des habitants. C’est pour cela, enfin, que je
veux un véritable encadrement des loyers pour mettre fin à la
«centrifugeuse» sociale et urbaine.
Ma
deuxième priorité ira au renforcement de la planification urbaine
à la bonne échelle, celle du bassin de vie, plus à même de
juguler la pression de l’étalement urbain. À l’instar du
programme local de l’habitat (PLH) et du plan de déplacements
urbains (PDU), le plan local d’urbanisme (PLU) doit prendre une
dimension intercommunale. Je souhaite rouvrir ce dossier, en lien,
bien sûr, avec les collectivités.
Ma
troisième priorité ira à la qualité urbaine. Soyons conscients
que pour réaliser durablement les 500.000 logements annuels
indispensables, avec les services et équipements nécessaires,il
faudra raisonner en termes de greffe urbaine, avec les qualités de
mixité et d’intensité qui font la ville. Il faudra développer
des formes urbaines et des qualités d’habitat qui rendent la
ville dense désirable, et donc durable. C’est un enjeu pour les
professionnels, architectes et urbanistes, car leur savoir-faire et
leur capacité de proposition permettront de donner toute leur
efficacité à ces actions.
Nicolas
Sarkozy
La
ville européenne doit son identité au rôle et à la qualité du
centre historique. La multiplication des lotissements dépourvus de
tout urbanisme, la prolifération des entrées de villes qui
enlaidissent nos paysages, constituent à la fois un véritable
cauchemar pour l’équilibre des métropoles françaises et une
négation de notre histoire. L’étalement urbain est une forme de
pollution visuelle et de pollution tout court, responsable de
l’accroissement de la facture énergétique et qui participe à la
fracture sociale. Pensons à ces milliers de ménages qui ont été
contraints de s’installer contre leur gré dans des périphéries
lointaines, à distance de leur lieu de travail.
![]() |
| Proposition MVRDV, Grand Pari : densification verticale |
C’est notamment pour repenser cette question que j’ai lancé la consultation du «Grand Pari(s)». Le regard, à la fois scientifique et humaniste, des architectes et des urbanistes, les a conduits à plaider unanimement pour une ville plus compacte. Je veux, dans la lignée de ces préconisations, imaginer une ville plus dense, encourager un urbanisme plus soutenable, en quelque sorte «reconstruire la ville sur la ville» plutôt que l’étendre à l’infini. Je veux régénérer la ville, et pour cela, opérer une transformation en profondeur, la rendre de plus en plus mixte, de moins en moins mono-fonctionnelle. Je veux reconquérir, redécouvrir, des territoires déjà urbanisés plutôt que conquérir et ouvrir à l’urbanisation des zones encore préservées.
C’est
notamment dans cette perspective qu’il faut comprendre la
majoration de 30 % des droits à construire que je viens de décider.
Cette mesure constituera un levier puissant, puisqu’elle ouvrira
de nouvelles possibilités dans des zones déjà urbanisées et
dotées d’un PLU – à condition, bien évidemment, que les
collectivités le souhaitent et dans le strict respect de l’ensemble
des dispositions qui protègent notre patrimoine historique. Il sera
ainsi possible de densifier les zones pavillonnaires, en permettant
aux habitants d’agrandir leurs maisons plutôt que de les
contraindre à s’en aller vers la périphérie.
C’est
également pour « reconstruire la ville sur la ville » que je veux
libérer du foncier au centre des agglomérations, par exemple celui
de l’État ou des organismes publics, dans des conditions qui
facilitent la construction de logements, notamment sociaux. Je crois
aussi à la réutilisation de l’architecture des années 1960 et
1970 : la rénovation de la tour Bois-le-Prêtre par Lacaton &
Vassal, équerre d’argent 2012, en est un magnifique exemple, tout
comme la prochaine transformation d’une tour à l’abandon, à
Montfermeil, en « Villa Médicis » des banlieues. C’est dans le
même esprit que la France sera représentée à la prochaine
Biennale de Venise par un pavillon confié à Yves Lion, consacré à
la transformation des grands ensembles et de leur environnement
urbain en villes véritables.
En
réinvestissant ces espaces longtemps décriés mais riches d’un
potentiel considérable, nous relèverons un défi architectural et
urbanistique, mais aussi, au-delà, un défi pour notre société
toute entière.
AA.
Devant l’insuffisance de production de logements, et notamment de
logements sociaux, quelles sont vos trois priorités ? Et pourquoi
pensez-vous qu’elles vont améliorer la situation ?
François
Bayrou
Il
manque un million de logements. C’est un chiffre important qui dit
clairement que plusieurs millions de personnes sont concernées. Y
remédier, c’est faire jouer plusieurs leviers à la fois. Je
souhaite mettre en place une mutuelle initiée par l’état,
garantissant aux propriétaires le risque d’impayés et supprimant
les cautions, pour faire revenir sur le marché les 500.000 logements
vacants. Dans les zones de grande tension, je nommerai des préfets
en charge de la « cohésion sociale et du logement », afin de
soutenir l’action des élus. Il devra identifier les points de
blocage, ville par ville. Avec une ligne claire : mettre le maximum
de terrains à disposition pour la réalisation de programmes
locatifs sociaux et très sociaux, et des logements en accession
sociale, sous condition de mixité. Ces terrains seront cédés à un
prix inférieur au prix du marché, dans le cadre d’un contrat
imposant, pour les logements sociaux, des prix ou des loyers
réellement accessibles. Je définirai qui plus est un objectif
renforcé d’obligation de 25 % de logements sociaux dans les zones
en tension.
Il
faut ensuite construire davantage. Élu, ma première décision sera
de convoquer une conférence nationale du logement qui définira des
objectifs nationaux de construction, déclinés par région, avec des
aides à la pierre décentralisées et l’expérimentation d’une
gestion décentralisée des aides à la personne. Tout sera mis sur
la table : les normes, la mixité, le contrôle de la loi SRU,
l’habitat indigne, la mise sur le marché ou à disposition de
nouveaux terrains à bâtir, l’aménagement du territoire. Sur
cette base, une loi de programmation sur cinq ans sera votée, pour
rendre effectif le droit pour chacun de se loger.
François
Hollande
1,2
million de ménages sont en attente d’un logement social. Afin de
répondre aux besoins, il est nécessaire de produire 150.000
logements sociaux par an. Ces logements devront être adaptés aux
besoins des Français, tant en termes de localisation, de nature, que
de niveau de loyers : il faudra donc construire partout des logements
calibrés selon les revenus des classes populaires et moyennes, selon
les besoins des différents âges de la vie (logements étudiants,
jeunes travailleurs, personnes âgées plus ou moins autonomes,
etc.), et s’assurer d’une production suffisante de logements très
sociaux. C’est pourquoi la règle des trois tiers bâtis sera mise
en œuvre dans toutes les opérations nouvelles: un tiers de
logements sociaux, un tiers de logements en accession sociale à la
propriété, un tiers de logements en accession libre. Le
renforcement de la loi SRU sera également un important point
d’appui.
Pour
réaliser les logements sociaux dont nous avons besoin, encore
faut-il que les plans de financement soient bouclés! J’ai donc
pris l’engagement de doubler le plafond du Livret A. Les deux tiers
de la collecte supplémentaire seront consacrés au financement du
logement social par un surcroît d’enveloppe de prêt, mais aussi
par une réflexion sur la baisse des taux consentis aux organismes
HLM ou l’allongement de la durée du prêt. En outre, l’État
sera aux côtés des maires bâtisseurs et des organismes HLM: les
aides à la pierre seront doublées dès 2013 et la ponction injuste
sur les bailleurs sociaux sera supprimée. La libération du foncier
public et la fiscalité progressive sur la rétention foncière
contribueront également à équilibrer les opérations de logement
social.
Enfin,
je veux rétablir le parcours résidentiel. Pour cela, il est
indispensable de soutenir le maillon manquant dans la chaîne : le
logement intermédiaire, dont les loyers se situent entre les loyers
HLM et les loyers de marché. Je souhaite que les investisseurs
institutionnels réinvestissent le secteur du logement et qu’ils
redeviennent des opérateurs de logements intermédiaires en
contrepartie d’avantages fiscaux dont ils bénéficient.
![]() |
| Fondation Abbé Pierre, rapport 2012, Mal-Logement |
Nicolas
Sarkozy
Le
problème principal auquel nous sommes confrontés en matière de
logement est que les prix des logements ont beaucoup trop augmenté
au cours des dernières années, ce qui conduit les ménages à
s’endetter excessivement et à réduire leur pouvoir d’achat.Pour
répondre à cette crise et faire baisser les prix, de la même
manière que nous avons su faire baisser les loyers en termes réels
depuis cinq ans, il existe un certain nombre de mesures à prendre
pour assainir le marché du crédit immobilier, lutter contre la
spéculation et favoriser la mobilité résidentielle pour que le
parc de logements soit employé de manière plus efficace – par
exemple, abaisser dans la durée les droits de mutation, comme je
l’ai dit à Longjumeau le 2 février dernier.
Mais
il faut aussi construire, agrandir et rénover davantage de logements
et en particulier atteindre l’objectif de 500.000 constructions par
an que j’ai fixé dès 2007. Le problème va bien au-delà d’une
catégorie de Français ou d’une autre. Nous ne manquons pas
seulement de logements sociaux. C’est la classe moyenne toute
entière qui, dans notre pays, ne parvient plus à se loger.Pour
atteindre cet objectif, il faut d’abord rompre avec le
malthusianisme de notre politique. Le rythme de construction de
logements a décliné de 40% dans les zones tendues, comme en
Ile-de-France, lorsque le pouvoir d’urbanisme a été décentralisé
aux communes en 1982. Depuis trente ans, les politiques ont consisté
à ajouter toujours plus d’argent dans le secteur du logement et à
alimenter la hausse des prix plutôt que de prendre le mal à la
racine. Cette situation ne pouvait plus durer. Il nous faut relancer
puissamment la dynamique de la construction, en particulier en
Ilede-France et dans les grandes villes.
Ainsi,
comme mesure d’urgence permettant de créer un choc positif dans
l’offre de logements, nous avons décidé de relever de 30 % toutes
les contraintes des plans d’urbanisme, et ce pour trois ans, sur
l’ensemble du territoire national.Pour aller plus loin et
pérenniser cet effort, il faut réconcilier notre pays avec la
notion d’un habitat dense et de qualité, seul compatible avec
l’attachement de nos concitoyens aux services publics et à la
protection de l’environnement – c’est-à-dire qu’il faut
donner toute sa place à l’architecture du XXIe siècle. Il faut
donc que nous lancions un grand chantier de simplification du droit
de l’urbanisme pour développer un urbanisme durable, dense et
esthétique. car je déplore que la préoccupation du respect des
normes les plus diverses occulte désormais trop souvent la recherche
du beau. Si la France doit renouer avec une dynamique de la
construction qui lui a permis, dans les années 1960 et 1970, de
loger la génération du baby-boom et d’employer dans le bâtiment
300.000 salariés de plus qu’aujourd’hui, il n’est pas question
de sacrifier la qualité des programmes d’urbanisme au seul
objectif quantitatif de construction.
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| Fondation Abbé Pierre, rapport 2012, Mal-Logement |
AA. En dépit d’efforts constants, depuis plus de vingt ans, mais à un rythme trop lent, la rénovation des grands ensembles est loin d’être achevée et laisse se paupériser les quartiers sensibles, mal desservis, sous-équipés et sans mixité sociale. Quelles sont vos trois priorités ?
François
Bayrou
C’est
une guerre qu’il faut mener au plus près du terrain, en redonnant
confiance à tous ceux qui habitent dans ces territoires. Avec, en
haut, l’obligation absolue pour l’État de montrer l’exemple,
en réinvestissant massivement dans des zones qu’il a trop
longtemps abandonnées. Dans les quartiers sensibles, le logement
devrait être organisé aussi souvent que possible en petits
ensembles de trois ou quatre logements. Mais la présence publique a
aussi un rôle à jouer. Il faut réimplanter tous les services
publics dans les quartiers les plus désavantagés. Il faut une
répartition des fonctionnaires sur le territoire qui inverse les
critères actuels. C’est-à-dire inciter les plus expérimentés à
travailler là où l’on a le plus besoin d’eux, souvent en
banlieue difficile. L’État doit tout faire pour favoriser l’emploi
dans les quartiers sensibles. Les petites entreprises doivent à la
fois avoir envie et intérêt à s’implanter en banlieue. Je
mettrai donc en place une politique qui permette de multiplier les
offres de microcrédit.
Comme
vous le savez, je propose déjà à toute entreprise de moins de 50
salariés, sur l’ensemble du territoire, la possibilité de créer
un nouvel emploi sans charges pendant deux ans, pourvu qu’il
s’agisse d’un CDI proposé à un jeune, dont ce serait le premier
emploi, ou à un chômeur. J’ai la conviction que cette mesure
trouvera toute sa justification, toute son efficacité en banlieue.
François
Hollande
Le
PNRU 1 [Programme national de rénovation urbaine. NDLR] doit
d’abord être achevé pour terminer les projets engagés et un
PNRU 2 doit être engagé, en particulier dans des villes moyennes
aujourd’hui délaissées et dont les quartiers se dégradent, ainsi
que dans un certain nombre de quartiers ultra-prioritaires. Un
milliard d’euros par an y sera consacré, pour financer en
particulier le désenclavement, la rénovation des groupes scolaires,
l’ habit at insalubre, la réhabilitation énergétique, le soutien
aux copropriétés dégradées, etc.
Cela
ne pourra toutefois suffire à prendre en compte la diversité des
difficultés de vie auxquelles sont confrontés les habitants des
territoires délaissés par la République... et qui ne peuvent se
résumer à un traitement du bâti et de l’espace public ! C’est
pour cela qu’un contrat unique, alliant renouvellement urbain et
cohésion sociale, sera élaboré. Il donnera une visibilité
pluriannuelle aux acteurs, engagera en premier lieu la mobilisation
des crédits de droit commun et repérera les aspects sur lesquels un
financement hors droit commun doit être accordé. En conséquence,
je propose que l’Anru [Agence nationale pour la rénovation
urbaine. NDLR] et l’Acsé [Agence nationale pour la cohésion
sociale et l’égalité des chances. NDLR] soient fusionnées.
Enfin,
mon choix sera celui d’une France de la mixité sociale partout. On
s’assurera d’une programmation de logements qui garantisse
partout la mixité sociale : des logements sociaux dans les quartiers
ou communes aisés, des logements en accession et locatif libres
dans les quartiers et communes qui comptent déjà de nombreux
logements sociaux. Un travail sur les attributions de logements
sociaux sera également nécessaire, afin d’atteindre une
transparence accrue quant aux critères utilisés, dans le respect de
la mixité sociale et dans l’attention particulière aux publics
très fragiles (femmes seules avec enfants notamment). C’est enfin
à l’échelle du bassin de vie quotidienne, c’est-à-dire
l’intercommunalité, que l’examen des demandes se fera de manière
la plus cohérente. J’inviterai les acteurs à travailler en ce
sens.
![]() |
| Fondation Abbé Pierre, rapport 2012, Mal-Logement |
Nicolas
Sarkozy
Je
ne crois pas qu’il faille avoir une vision misérabiliste des 500
quartiers sensibles de France dans lesquels vivent 4millions de nos
concitoyens. Loin de moi l’idée de sous-estimer les difficultés
qu’ils connaissent, a fortiori dans un contexte de crise comme
celui que nous connaissons. Mais nos quartiers sensibles sont des
territoires de la République, et parce que l’État n’a pas
reculé, parce qu’il y investit massivement, ces territoires ont
commencé à changer.La difficulté, c’est hélas que cela ne fait
pas « plus de 20 ans », comme vous le suggérez, que nous réalisons
des efforts en faveur du désenclavement des quartiers et de la
rénovation urbaine. L'immense chantier de la rénovation urbaine a
été initié en 2004, il y a sept ans à peine, par Jean-Louis
Borloo, et sa montée en puissance financière ne date que de
l’actuel quinquennat. C’est cette majorité qui a investi
massivement dans la rénovation des quartiers. Le total de travaux de
la rénovation urbaine atteindra 43 milliards d’euros, grâce à
une participation de l’État de 12 milliards, dont plus des trois
quarts, soit 8,7 milliards à fin 2011, ont désormais été engagés
budgétairement. Un tel effort est sans précédent, et il n’est
pas exclu qu’il faille le prolonger. Mais cet effort est d’autant
plus imposant que, pendant des décennies, rien n’avait été fait
dans ces quartiers.
Partout
où elle a été engagée, la rénovation urbaine ne transforme pas
seulement l’habitat, mais ouvre la voie à une véritable
renaissance des quartiers. La rénovation urbaine s’accompagne
généralement d’une action sur les centres commerciaux et sur
l’ensemble des équipements publics. En outre, les clauses sociales
qui permettent d’embaucher des salariés du quartier pour la
réalisation des travaux, ont bien fonctionné : une fraction non
négligeable des 50.000 emplois directs générés chaque année par
le programme de rénovation urbaine est issue elle-même des
quartiers sensibles.
Il
faut ajouter que, pour l’Ile-de-France au moins, les questions de
désenclavement ont, enfin, commencé à être traitées, d’abord
par le plan Espoir Banlieues, puis au travers du projet de réseau de
transport du Grand Paris. L’État et la région Ile-de-France se
sont en effet mis d’accord pour réaliser 12,5 milliards d’euros
de travaux sur le réseau francilien existant et programmer la
réalisation d’un réseau de métros automatiques de 160
kilomètres, doté de près de 60 gares nouvelles. Ce dernier projet
aura comme caractéristique, particulièrement chère aux architectes
de l’Atelier international du Grand Paris, de désenclaver des
territoires franciliens tels que Clichy ou Montfermeil et de relier,
à partir de 2018, les futurs pôles de croissance de
l’Ile-de-France. Enfin, à côté de la rénovation urbaine, de la
création de réseaux de transports nouveaux, l’État a continué
d’assurer l’un des premiers droits de nos concitoyens, celui de
vivre en sécurité.
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| Fondation Abbé Pierre, rapport 2012, Mal-Logement |
AA. Les chefs d’état sont
souvent bâtisseurs, très peu sont urbanistes. Quels sont vos
projets et vos priorités ?
François
Bayrou
Pour
moi, l’architecture et l’urbanisme font un, les dissocier, c’est
prendre le risque de rater l’un et l’autre. Il suffit de regarder
dans le passé proche : la pauvreté architecturale a donné des
ghettos, l’urbanisme mal conçu a donné le mal de vivre. Ma
priorité est donc toute simple : il faut mettre l’accent sur la
place du beau dans la société. Et le faire dès l’école. Car le
beau n’est pas un luxe, c’est quelque chose de l’ordre des
valeurs.
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| Proposition MVRDV, Grand Pari : Continuons Haussmann ! |
François
Hollande
Depuis
toujours, le temps politique et le temps de la ville sont un peu en
décalage : ce sont les lois posées par le préfet Rambuteau qui ont
permis plus tard les travaux d’Haussmann ! Quant au temps des
chefs d’État bâtisseurs, il est révolu, la décentralisation est
passée par là. Tout au plus les derniers présidents ont laissé un
« geste architectural » ici ou là.Plutôt qu’un état bâtisseur,
c’est le retour de l’état pour bâtir qui est aujourd’hui
légitime. Et je regrette qu’il faille arriver à une crise aussi
lourde des déplacements franciliens pour tout à coup réfléchir à
ce changement de braquet. Mes priorités sont claires : reprendre les
travaux de maillage des transports en construisant denouvelles
infrastructures mais aussi en renforçant celles qui existent,
m’appuyer sur le travail des collectivités, en trouvant un
équilibre entre projet et financement, et réfléchir au cadre de
vie.
L’État
doit redevenir un partenaire fiable des territoires. Il doit
retrouver son rôle de garant de la solidarité territoriale (respect
de la loi SRU, péréquation financière entre territoires...). Il
doit s’appuyer sur les projets des territoires et des élus,
reprendre les bonnes idées et les accompagner. Les dix équipes
d’architectes de la consultation pour le « grand pari » de
l’agglomération parisienne ont dit beaucoup... mais on peut dire
que rien n’a été entendu. C’est dommage. Nous reprendrons appui
sur ces idées.
Quant
à la gouvernance des politiques de transport, d’aménagement,
d’urbanisme et de logement, elle doit se faire à la bonne échelle,
celle des bassins de vie. L’échelon communal pour l’urbanisme
n’est pas le plus approprié, a fortiori en Ile-de-France. C’est
pourquoi je m’attaquerai en priorité, pour le Grand Paris, à la
question de la gouvernance, en m’appuyant sur les propositions des
élus regroupés dans Paris Métropole.
Nicolas
Sarkozy
Je
pense que les deux enjeux ne doivent jamais être opposés. Le Centre
Pompidou est un parfait exemple du mariage réussi des préoccupations
architecturales et urbanistiques : Renzo Piano et Richard Rogers ont
conçu un édifice remarquable par son architecture, mais aussi par
sa capacité à devenir le ferment du renouveau du quartier Beaubourg
et du centre de Paris tout entier.
C’est
dans cette lignée que je me suis inscrit en décidant ou en
réalisant les projets culturels majeurs que sont la Philharmonie de
Paris, confiée à Jean Nouvel, le nouveau site des Archives
Nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, conçu par Massimiliano Fuksas,
le Centre Pompidou-Metz, œuvre de Shigeru Ban, le Louvre-Lens, de
l’agence Sanaa, ou encore le MuCEM à Marseille, dû à Rudy
Ricciotti – et dans lequel je suis allé prononcer mes vœux au
monde de la culture. Chacun de ces équipements a pour mission de
contribuer au développement urbain, au tissage du lien social, au
dynamisme économique du territoire où il est implanté.
Telle
était également ma préoccupation lorsque j’ai lancé la
consultation internationale sur le Grand Paris. Je voulais permettre
aux meilleurs architectes de faire œuvre d’ urbanist e à
l’échelle, non pas d’une ville, mais d’un territoire
métropolitain. La création de l’Atelier international du Grand
Paris, qui rassemble désormais l’É tat et les collectivités
territoriales concernées, manifeste dans la durée la priorité que
j’accorde aux architectes pour renouveler la vision urbaine.
Grâce
à ce processus, nous sommes déjà parvenus à traiter avec succès
l’une des questions majeures du Grand Paris, celle de la mobilité,
en adoptant le Grand Paris Express. Une nouvelle consultation est en
cours qui devra traiter d’une autre urgence :le logement.
Le
Grand Paris inspire désormais d’autres exemples dans notre pays et
à l’étranger. J’en suis heureux, car les questions
métropolitaines ne concernent pas que les Parisiens. Plusieurs
laboratoires urbains sont à l’œuvre, notamment à Bordeaux, avec
ses bassins à flot, à Lyon-Confluence, à Marseille, sur le site
Euroméditerranée, sans oublier l’île Seguin à
Boulogne-Billancourt, dont j’attends beaucoup. Ce vaste mouvement
confirme la force de proposition de nos architectes et paysagistes.
Ces
réflexions novatrices convergent, pour nous proposer des réponses
en matière de mobilité, d’offre de logement, de qualité de vie
dans une ville même très grande. Le Grand Paris prend déjà en
compte la vallée de la Seine jusqu’au Havre. Avec le Grand Lyon et
le Grand Marseille, je rêve d’un projet encore plus vaste : celui
d’un arc de développement s’ordonnant autour des vallées de la
Seine et du Rhône, autour duquel se construirait un maillage
métropolitain national.
AA.
Effritement des moyens pour la formation des architectes, suppression
de la recherche en architecture, carcan réglementaire limitant le
rayonnement de la pratique, rôle étriqué de l’architecte. Toute
la chaîne de la profession, honorée en apparence, est bien
délaissée dans la pratique. Comment comptez-vous inverser la
tendance?
François
Bayrou
J’ai
envie de reprendre à mon compte l’expression « droit à
l’architecture », que les architectes revendiquent de longue date.
Un droit pour tous de vivre, de travailler dans des espaces pensés,
cohérents, coordonnés par tous les acteurs de l’urbain, pas
simplement les aménageurs, et encore moins les aménageurs contre
les architectes. De ce point de vue, je regrette que l’enseignement
de la construction et de l’aménagement du territoire ne comprenne
pas assez de pistes, de passerelles, ouvrant sur les horizons de
l’architecture et de l’urbanisme. Ceci veut dire également que
je suis résolument contre la tendance actuelle qui réduit le
recours à l’architecte. C’est contraire à l’esprit de la loi
de 1977, qui a consacré l’architecture d’intérêt public,
garantie par l’architecte. Je pense d’ailleurs que si ce recul
inquiète les architectes, il est plus grave encore pour nos
concitoyens, susceptibles de vivre ou de travailler dans des
bâtiments de qualité médiocre, voire dangereux. Simplifier
toujours et encore, c’est parfois la plus belle des fausses -bonnes
idées !
François
Hollande
Je
partage votre souci, je pense que nous sommes dans une situation
schizophrénique : les architectes sont des stars, les villes
communiquent sur leurs projets architecturaux et, dans le même
temps, les missions des architectes sont de plus en plus réduites et
les lois qui les régissent n’ont pas toujours bien vieilli. Il
nous faudra lancer des états généraux de l’architecture avec
tous les acteurs. Quand je dis cela, je pense aux architectes bien
sûr, aux écoles, mais aussi aux aménageurs, aux habitants, aux
bureaux d’études, aux promoteurs... Il nous faut définir ensemble
des priorités. Rendre nos villes durables passera par la
mobilisation de tous les professionnels et par une action conjointe
de toutes les politiques publiques, qu’elles portent sur les «
murs » ou sur l’humain. Or les opérations d’aménagement ou
même la réalisation d’un bâtiment isolé sont bien souvent tout
l’inverse, les contraintes sont fortes, on empile les normes et les
labels... Définissons au contraire des objectifs et imaginons des
solutions, adaptées à chaque situation, car chaque ville, chaque
quartier, chaque famille qui intégrera tel ou tel bâtiment, est
unique. La ville post-Kyoto est d’abord une ville pour habiter
ensemble le mieux possible. L’entre-soi, fût-il homologué haute
qualité environnementale ou basse consommation, n’est pas l’avenir
que je veux proposer aux Français! Réfléchissons plutôt qualité
de vie, lieux de rencontre, équilibres sociaux, accès aux biens et
services, réponse aux besoins fondamentaux de chacun...
Poser
les questions dans ces termes est une priorité, ce n’est pas
compliqué, cela ne demande pas d’ériger de nouvelles lois, enfin
pas immédiatement, et cela me paraît de nature à permettre ce que
vous appelez l’inversion de la tendance.Plus précisément, des
réformes doivent être étudiées concernant les rémunérations des
architectes et les engagements financiers liés aux réflexions sur
la ville. Pour les architectes, il nous faut réfléchir à une
remise à plat du mode de rémunération actuel basé sur le montant
des travaux: comment voulez-vous trouver des solutions inventives,
économes, participatives dans ce cadre? Quant aux réflexions sur la
ville, si utiles, elles ne sont que très peu financées et manquent
cruellement d’ingénierie en phase avec nos ambitions «durables».
Nicolas
Sarkozy
Les
moyens de la formation des architectes n’ont pas été réduits
dans les années récentes, bien au contraire : les budgets des
écoles ont augmenté, les postes d’enseignants ont été dispensés
de la règle du non-remplacement d’un emploi sur deux. Surtout, un
effort considérable a été accompli pour construire de nouveaux
établissements ou rénover ceux qui existent déjà : Val-de-Seine,
de Frédéric Borel, Belleville, Nantes, Lyon ou Saint-Étienne. Cet
effort se poursuit, puisque Strasbourg est en chantier, tandis que
Clermont-Ferrand et Toulouse sont sur le point de l’être.
La
formation dispensée dans les écoles nationales supérieures
d’architecture rencontre un succès considérable auprès des
jeunes, et leur offre un taux remarquable d’insertion sur le marché
du travail. La recherche est une des forces de ces écoles : leur
succès dans le cadre des Investissements d’avenir en témoigne,
puisque six d’entre elles participeront à des laboratoires
d’excellence et que l’ENSA de Grenoble abritera un Labex, le
laboratoire CRAterre. Le développement de la recherche doit être la
priorité des années à venir pour les écoles. L’État devra
s’attacher à leur donner des moyens comparables à ceux de leurs
partenaires des Pôles de recherche et d’enseignement supérieur
(PRES) – les universités notamment.Quant au carcan réglementaire
que vous évoquez, il n’a pas été resserré mais au contraire
allégé. Par exemple, la surface des bâtiments faisant l’objet
d’extensions fera désormais l’objet d’un calcul cumulé pour
l’application du seuil de recours à l’architecte.Je veux enfin
développer la culture architecturale par des actions de diffusion
plus visibles, tournées vers le grand public. Je veux que nos
concitoyens puissent regarder et aimer l’architecture
d’aujourd’hui. Je fais mienne l’idée lancée par l’Ordre des
architectes, d’un « droit à l’architecture». L’exercice de
ce droit passe par une meilleure connaissance de ce qu’elle est,
d’une part, et par un accès facile et gratuit, pour tous, à un
conseil architectural. Il existe aujourd’hui divers acteurs sur le
terrain – Conseils d’architecture, d’urbanisme et de
l’environnement, Maisons de l’architecture, Conseils régionaux
de l’Ordre et bien évidemment les services de l’État. Mais
leurs attributions et leurs actions demandent à être clarifiées,
soutenues et mieux portées à la connaissance de tous.
AA.
Les projets PPP (partenariat public-privé) asservissent les
architectes à des objectifs financiers. L’architecture y devient
un critère de choix secondaire. De grands projets publics sont ainsi
architecturalement amoindris. Pensez-vous que l’architecture est le
premier critère pour construire un bâtiment dans un programme donné
et dans un prix juste ? Pensez-vous que sacrifier la qualité
architecturale en réduisant la concurrence à quelques grands
groupes de construction est une politique humaniste et démocratique
?
François
Bayrou
L’architecture
ne peut pas être qu’affaire de grands groupes. C’est nier ce
qu’est l’architecte, un créateur d’abord indépendant et
libre. C’est nier aussi la part éminente d’art contenue, ou qui
devrait l’être, dans le geste architectural qui n’est pas que de
la technique et de l’ingénierie. Alors oui, je pense que
l’architecture doit être le premier critère pour construire. Et
je pense que les partenariats public-privé doivent retrouver un
équilibre, semble-t-il un peu perdu de vue. Quand on dit
partenariat, il y a pour moi l’idée que le partenaire public doit
être du côté de l’architecte, avec le souci de ne pas sacrifier
le beau sur l’hôtel des économies à tous crins.
François
Hollande
le
PPP était à l’origine réservé à des procédures d’urgence.
c’est devenu un outil qui favorise la vie à crédit et le
surendettement. à ce titre, c’est déjà un système qui a dérapé.
Au-delà, en réduisant la contrainte financière immédiate, le PPP
a tendance à limiter la réflexion quant à la nécessité de faire
ou de ne pas faire tel ou tel investissement. Et c’est pour moi le
plus grave. Nous avons construit au 20e siècle beaucoup plus que
dans toute l’histoire de l’humanité.
De
ce fait, il est fondamental que nous revisitions nos besoins de
construction, au regard de tout ce que nous avons créé.
Transformer, réutiliser, modifier, ne s’agit-il pas d’actions
aussi utiles qu’imaginer de nouveaux bâtiments?
Les
architectes sont les premiers partenaires dans cet exercice: analyser
nos besoins, considérer ce qui est, voir à l’aune de cet état
des lieux ce qu’il convient de faire... Prendre en compte
l’existant autant que l’intention, c’est là pour moi le
critère fondamental. Vous parlez de programme et de prix : ces
éléments sont importants, mais j’ajoute que ce qui est déjà là
a aussi une valeur et peut amener des modifications de programmes,
des inventions de programmes. C’est ce dont nous devons parler.
L’architecte n’est pas pour moi un «illustrateur» plus ou moins
savant, il est un interprète de ce que notre société doit produire
de meilleur.
Concernant
le monde de la construction, le bâtiment est une industrie qui a
deux très grandes qualités : elle ne se délocalise pas et elle a
de grandes réserves d’inventivité. Accompagner cette industrie et
protéger l’équité de la commande est une priorité.
Nicolas
Sarkozy
Le
partenariat public-privé est un mode de financement et de gestion
des équipements publics qui a été inventé, pour la petite
histoire, par les travaillistes britanniques. C’est un outil
efficace à bien des égards. Il a notamment le grand avantage
d’obliger les pouvoirs publics à intégrer dès le départ les
coûts d’entretien et de maintenance de leurs bâtiments. Il
s’inscrit donc dans le cadre de la politique de maîtrise des
finances publiques sur le long terme que je veux promouvoir.
Symétriquement, les partenaires constructeurs s’engagent en termes
de performances comme en termes de prix. Ces avantages sont bien
réels. Le PPP n’est pas une panacée, et il faut aviser au cas par
cas. Mais sans le PPP, les collectivités publiques auraient dû
renoncer à des opérations indispensables pour nos concitoyens.Il
est vrai que dans ce type d’opération, l’architecte partage les
contraintes du partenaire, et n’est pas directement choisi sur
concours par la personne publique. Mais il n’y a aucune
incompatibilité de principe entre le PPP et la qualité
architecturale. J’en ai donné la preuve en décidant d’organiser
une mise en compétition pour de grands projets, tels que le nouveau
ministère de la Défense ou le tribunal de grande instance de Paris.
Dans ces deux cas, les résultats ont été d’une qualité
absolument remarquable.
Quant
à la concentration du secteur du BTP, il s’agit d’une réalité
internationale. La France a la chance de compter parmi ses
entreprises quelques-uns des champions mondiaux : ils contribuent à
porter l’architecture française au-delà de nos frontières.Avec
l’expérience, nous avons désormais une vision claire des
avantages et des faiblesses du PPP. La formule pourrait être
améliorée. D’une part, je pense que nous devons réfléchir aux
moyens d’en limiter l’usage aux projets qui le justifient
pleinement, notamment du fait de leur taille. D’autre part, les
expériences réussies de mise en concurrence que j’évoquais
doivent être méditées : je crois qu’il faut aboutir à rendre
systématique une forme adaptée de mise en concurrence des projets
architecturaux. La qualité architecturale retrouvera ainsi sa place
en tête des critères de choix de la personne publique.
SOURCE
Article revue Architecture d'Aujourd'hui, au format PDF en intégralité :
[NOTA BENE : les illustrations ont été ajoutées par nos soins]
LIENS
| Présidentielles France 2012 : Introduction
| Lutte Ouvrière
| Front de Gauche
| Parti Socialiste
41 propositions pour une nouvelle société urbaine
| Front National
Programme du Front National
| Fondation EMMAEUS : Rapport mal-logement 2012
41 propositions pour une nouvelle société urbaine
| Front National
Programme du Front National
| Fondation EMMAEUS : Rapport mal-logement 2012







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