ESPAGNE | CAMPO de DALIAS





CAMPO DE DALIAS


Photographies | Emilien CANCET *
2007


La vaste étendue plastifiée du Campo de Dalias, en Andalousie, concentre toutes les formes extrêmes d'exploitation de l'Homme et de son environnement dont est capable le génie humain dévoué au capitalisme ; et cette Mer de plastique dédiée à l'agriculture intensive, illustre parfaitement ce qu'entendait Rosa Luxemburg dans « socialisme ou barbarie ». Cette barbarie est d'autant plus odieuse qu'elle n'est pas l'oeuvre d'un consortium, d'une multinationale ou d'un quelconque groupement d'industriels, comme cela aurait pu être le cas aux Etats-Unis, mais, au contraire, de milliers d'exploitants agricoles issus à l'origine dans leur grande majorité, des plus pauvres paysans de l'Andalousie puis de l'Espagne.


Source : European space agency

TIQQUN | Shopping Center Bluewater



TIQQUN
Organe de liaison au sein du Parti Imaginaire


Rapport à la S.A.S.C. concernant un dispositif impérial.

Reportage rédigé en juin 2001 sur la base 
d'observations réalisées en juillet 1999.

Chapitre extrait de :
Tiqqun 2


Chaque fois que je séjourne à Londres me vient la même question : comment tant de gens peuvent-ils encore supporter de vivre dans une telle ville ? Rien de ce qui fait le quotidien de ses habitants ne semble fonctionner. Ici, chaque jour, des millions de personnes risquent absurdement leur vie en empruntant des moyens de transport à bout de souffle. Si elles ne finissent pas leur trajet dans quelque hôpital crasseux et surpeuplé et qu'elles arrivent à destination, ce ne sera qu'au prix d'inéluctables retards ; ces transportés (pour employé un terme qui évoque d'autres galères) ont perdu jusqu'à la force de se plaindre ; ils tournent leur mauvais sort en dérision et plaisantent sur le fait qu'en 1950, par exemple, se rendre à York ne prenait que deux heures et quart et qu'il en faut plus de six aujourd'hui. Dans un autre ordre de réjouissance, pour célébrer l'avènement du nouveau millénaire, des réalisations festives et culturelle ont été entreprises à grands frais ; le résultat est édifiant : la grande roue, bien nommée The London Eye, oeil unique de ce cyclope cannibale qu'est devenue la métropole, est fermée sine die pour vice de construction la veille de son inauguration ; le Millenium Dome, ce flan avachi hérissé de gressins qui s'étale à l'Est du quartier branché des anciens docks, soulève une répulsion esthétique générale et s'avère techniquement déficient que ses concepteurs ont dû avouer, peu après son ouverture, que ses structures ne résisteraient pas plus de cinquante ans et qu'alors il sera nécessaire de la démolir ; quant au Millenium Bridge, nouvelle passerelle jetée sur la Tamise, le chantier accuse un tel retard qu'on a même parlé de l'abandonner. Tous ces ratés fleurent bon les anciens pays de l'Est et un désenchantement fataliste s'empare des esprits. L'héritage de l'humour soviétique va-t-il bientôt donner un second souffle à l'humour anglais ?