VELO PORTABLE








L'on observe dans plusieurs métropoles d'Europe, l'engouement des citadins pour le vélocipède pliable ; à Bruxelles, nul besoin de consulter les statistiques pour constater de visu leur nombre augmenter. Snobisme écolo, effet de mode lié à la conjoncture économique, ou phénomène plus structurel palliant les difficultés de mobilité urbaine, et de l'habitat ?

A Londres où le phénomène est le plus remarquable, un reportage de CNN titrait : Folding bikes revolutionize Communting (le vélo pliable révolutionne les déplacements domicile-travail) et pour ce type d'utilisation le folding bike prend le nom de commuting bicycle. Aux Pays-Bas, le parti politique Vert GroenLinks appelle à promouvoir le principe du "Groen Reizen" (déplacements domicile-travail Verts) – le Bike to Work est lui à la mode en Europe - accordant un rôle-clé au « système » vélo portable – transports public et privé.

A défaut d'études sérieuses – l'urbanisme théorique en France et en Belgique est muet sur ce sujet - nous avons consulté les forums Internet dédiés au folding biking, interrogé vendeurs spécialisés et principaux intéressés : leurs usagers. 


IVRY-CONFLUENCES




La ville en mouvement ? Dehors les pauvres et tous ceux qui n'ont pas leur place si près de la capitale étincelante ! Dans l'Ivry de demain, si joliment modélisé sur Photoshop, on ne rencontre ni kebab ni coiffeurs africains : tout y est blanc, lisse, et surtout sans histoire (et Histoire), ni mémoire collective.


Nous avons été informé de cette belle initiative de la 
Coordination pour la Solidarité des Territoires d’Ile de France et contre le Grand Paris (COSTIF) appuyée par le comité No Tav Paris : 

Contre Ivry-Confluences et le Grand Paris
Dimanche 8 décembre 2013 
à 15 h devant la mairie d'Ivry

Vous avez sûrement entendu parler du projet Ivry-Confluences et son slogan « la ville en mouvement »…

Ce projet de réaménagement urbain prétend résoudre les problèmes de logement, d'insalubrité et même de chômage à Ivry, proche banlieue sud de Paris. Il s'agit en réalité de donner une nouvelle image à la ville en vue d'attirer des entreprises du secteur tertiaire ou les sièges sociaux des grands groupes et de faire venir des classes sociales aisées qui seront les seules à pouvoir s'offrir les nouveaux logements. Quelques chiffres :

Jean-Pierre Garnier | IVRY





« Rénovation urbaine » à Ivry-sur-seine : 
quand une municipalité « communiste » 
mène le petit peuple en bateau

Jean-Pierre GARNIER
Article 11 | février 2012


Un chercheur en sociologie ou en géographie urbaine en quête du lieu propice pour analyser une politique de gentrification, c’est-à-dire d’empetit-bourgeoisement d’anciens quartiers populaires, trouvera à Ivry-sur-Seine un terrain d’étude idéal.

Certes, la municipalité de cette commune appartenant à ce que l’on appelait jadis la « banlieue rouge » de Paris n’a pas encore basculé dans le rosâtre social-libéral ou le verdâtre de l’écologisme gestionnaire. L’étiquette politicienne de son maire et de la majorité de ses élus demeure encore « communiste ». Qu’à cela ne tienne ! C’est d’un communisme « rénové » qu’ils se réclament, ce qui implique, entre autres, de « rénover » aussi certaines zones dégradées et délaissées. Question qui fâche et que les édiles d’Ivry s’empressent d’éluder : au profit de qui ? Pour y répondre, il suffit de confronter ce que racontent les promoteurs de cette opération de « requalification urbaine » à son déroulement sur le terrain et aux réactions des habitants qu’elle affecte.


THOMAS HIRSCHHORN




Musée précaire Aubervilliers 2004 | Photo : Les laboratoires d'Aubervillers


« Je ne fais pas un travail politique,
je travaille politiquement.»

Thomas Hirschhorn

En 2004, l'artiste Thomas Hirschhorn inaugure avec les habitants de la cité Albinet, dans le quartier du Landy, à Aubervilliers, à un jet de pierre du Stade de France, le Musée Précaire Albinet. Un musée provisoire (avril - juin 2004)  présentant successivement des oeuvres originales de huit artistes : Kasimir Malevitch, Salvador Dali, Le Corbusier, Piet Mondrian, Fernand Léger, Marcel Duchamp, Joseph Beuys et Andy Warhol. Des oeuvres prêtées par le Centre Georges Pompidou et le Fonds National d'Art Contemporain : des oeuvres au pied d'une barre HLM, dans un Algeco prolongé par des constructions de bric et de broc, dont la vocation était de « faire exister l’art au-delà des espaces qui lui sont consacrés » : L’important était d’avoir arraché des tableaux originaux d’une valeur inestimable, commente le provocateur *.

Musée précaire Aubervilliers 2004 | Photo : Les laboratoires d'Aubervillers